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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:45

L´expression Waza wo nusumu, littéralement "voler les techniques", est un élément constitutif caractéristique des arts martiaux japonais. Cette formule, pourtant courante, n´est pas toujours bien comprise, ni bien appréhendée par les pratiquants contemporains. En effet, pour beaucoup, voler les techniques d´un modèle trop souvent idéalisé (le maitre local déifié par ses élèves) ou voler des techniques appartement à d´autres méthodes constitue l´essentiel du message.

 

Aussi, bon nombres de pratiquants, de "fondateurs" et d´experts auto-proclamés collectionnent des centaines, voire des milliers de techniques disparates, et généralement peu compatibles entre elles, puisées ça et là, pensant ainsi acquérir une connaissance exhaustive,  elle même garantissant de facto une efficacité majeure en combat.

 

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, certaines méthodes assument entièrement leur choix et en font même un argument d´autorité. C´est le cas notament du très exotique "ju-jutsu" allemand qui énonce fièrement " En 2000, une commission a introduit une remaniement de la méthode de ju-jutsu. Sous le slogan "toujours adapter ce qu´il y a de meilleur dans les différents systèmes de combats", de nouvelles influences, dont certaines n´appartenant pas aux arts martiaux Japonais, ont été intégrées au ju-jutsu au sein d´un système structuré et méthodique". Dans le cas du ju-jutsu allemand, au delà du très classique  triptyque Judo, Aikido, Karate, viennent désormais s´ajouter une poignée de drills basiques "empruntés" aux arts martiaux phillipins, quelques combinaisons s´apparentant vaguement à du kick Boxing et, pour la partie condition physique, de la Zumba. Le résultat, en plus d´être profondement désolant, est absolument indigeste.

 

Néanmoins, cet "exemple" a le mérite d´illustrer parfaitement une dérive toujours plus répandue dans le milieu des arts martiaux, à savoir celle de la copie de la forme externe au détriment du principe, véritable fil conducteur de la méthode, et de la stratégie.

 

Le concept Waza wo nusumu au Japon est très ancien et repose paradoxalement sur une relation Maitre-élève à la fois solide et consentie. L´enseignant dispense son savoir, en général à une poignée d´élèves, sans s´embarrasser véritablement d´explications. Cette pédagogie particulière constitue l´essence même de la relation entre le maitre, qui accepte de montrer une partie de son savoir et de ses connaissances, et l´élève qui s´engage, de son coté, à s´adonner corps et âme à l´étude et à découvrir par lui même ce qui relève réellement du véritable enseignement. A terme, la valeur des découvertes faites par le disciple est sanctionnée par le Maitre qui lui décerne un ou plusieurs titres, le plus généralement sous la forme de makimono (certificats), correspondant au niveau atteint par l´élève dans le Ryu (école).

 

Par définition, tous les élèves n´étant pas égaux aux yeux du Maitre, et la transmission étant réservée à peu d´élus soigneusement choisit, il arrivait que l´expression Waza wo nusumu ait dû être prise littéralement par certains disciples particulièrement perspicaces et  doués qui ont réussi à saisir l´essence des techniques au delà de leurs apparences.

 

Dans l´ouvrage monumental qu´il consacre à Miyamoto Musashi, Tokitsu Kenji révèle certains aspects de l´enseignement martial à l´époque féodale:

 

 

"Garder secrète l’existence d’une technique particulièrement efficace était habituel dans toutes les anciennes écoles d’arts martiaux. La technique secrète était généralement dissimulée sous le couvert d’une autre technique proche.

 

Par exemple, dans l’art du combat à main nue, une technique qualifiée de « coup de pied de clou » est souvent dissimulée sous l’apparence d’un coup de talon. Lorsqu’on s’exerce au coup de pied en maintenant verticalement le pied et en poussant le talon en avant, on pense généralement qu’il s’agit d’un coup de talon. La technique plus subtile et plus dangereuse est de frapper avec la pointe du pied, verticalement vers le haut. Mais, tant que l’on attache son attention au talon, il est quasiment impossible de découvrir l’utilisation de la pointe du pied. Pour dissimuler une technique importante, il était donc usuel de donner une autre explication plausible afin de détourner l’attention d’un éventuel investigateur. Si on cache la totalité, les adeptes d’autres écoles continueront à chercher jusqu’à ce qu’ils trouvent le secret ; mieux vaut céder, au moment juste, une technique plausible. Ainsi satisfaits, ils abandonneront la piste du secret . Telle était l’attitude habituellement adoptée pour transmettre les arts secrets.

 

 

Ce mode de transmission s’est stabilisé au Japon au cours de la période Edo dans le système d’enseignements des techniques, avec l’opposition omote (surface) et ura (arrière ou caché). L’apprentissage d’une école commence toujours par les techniques montrées (omote waza), puis les élèves choisis apprennent les techniques cachées (ura waza). Le passage de l’apprentissage des omote waza aux ura waza exige une ancienneté qui implique confiance et attachement à l’école, ce qui ouvre à une participation à ses secrets. Parfois, on désignait ces techniques du nom de ura gei et omote gei. Il faut comprendre qu’il s’agissait de techniques de combat ou se jouent la vie et la mort. La divulgation faisait l’objet de sanctions mortelles."

 

 

Il est fascinant de voir le degré de raffinement et d´intelligence atteint par certains Maitres et à quel point le culte du secret imprègne le monde des arts martiaux japonais classique.  Il est également possible d´entrevoir le génie et le degré d´abnégation nécessaire, à un "non élu", pour arriver à percer les secrets d´un Ryu et, par conséquent, d´ en "voler" les techniques les plus efficaces. A la lumière de ce que nous apprend Tokitsu Kenji,  il n´est pas non plus difficile de comprendre pourquoi les adeptes qui se sont emparés de ces secrets rechignent à les divulguer.

 

Les Koryu Bujutsu se transmettent traditionnellement au sein d´une même famille, idéalement de père à fils, que ce dernier soit un enfant biologique ou adopté. Seul le successeur désigné a théoriquement accès à l´enseignement le plus secret, le plus caché, le plus fondamental. Au risque de décevoir les "collectionneurs de techniques", la notion même de technique secrète dans les méthodes de combat à mains nues appartient infiniment plus à la légende qu´à la réalité. Il existe, bien évidemment, des techniques dites supérieures qui sont plus efficaces, plus expéditives et plus faciles à mettre en oeuvre que d´autres, mais ces dernières ne constituent néanmoins pas l´essence véritable de l´école, ni la souce de son efficacité.  

 

 Deux adeptes du passé personnifient parfaitement cette conception de l´enseigement. Le premier, Takeda Sokaku a, pendant plus de 40 ans, parcouru inlassablement le Japon afin de transmettre le Daito-ryu Aikijujutsu et de le léguer à la postérité. Le second, Sagawa Yukiyoshi, particulièrement doué, a réussi, au delà de toute attente et alors qu´il n´était pas formellement destiné à être initié au secret de l´école, a voler ce qui faisait de son Maitre un véritable phénomène martial à savoir l´Aiki, une méthode corporelle très raffinée qu´infiniment peu d´adeptes, toutes époques confondues, ont réussi à maitriser. Sagawa, à force de travail et de recherche, a réussi à s´approprier ce qui constiutait la source du pouvoir de Takeda Sokaku. Il ne fait pourtant guère de doutes que Takeda Sokaku ne s´embarrassait pas d´explications, ni de conseils lorsqu´il enseignait. Il se contentait de montrer une technique deux fois uniquement avant de passer à la suivante, à charge pour ses élèves de saisir immédiatement ce qu´il y avait à prendre et de le faire fructifier par la suite.

 

Dans Transparent Power, Sagawa offre de nombreuses reminiscences de son apprentissage sous la houlette de Sokaku qui permettent de prendre conscience à quel point l´expression Waza wo nusumu prend ici tout son sens.

 

Le successeur dédigné de Sokaku, son troisième fils, Takeda Tokimune a vraisemblablement bénéficié d´un enseignement plus ciblé comme semblent l´attester ses nombreuses notes  (voir l´article de Eric Grousilliat sur ce point). Pour autant, il est difficile d´imaginer que Sokaku ait fait montre de beaucoup plus de patience et de pédagogie à l´égard de son propre fils qu´il  n´en avait démontré à ses élèves les plus proches.

 

Pour conclure, plusieurs conditions sont nécessaires pour "voler des techniques". Nécessaires, incontournables et cumulatives. Il faut, dans un premier temps, suivre l´enseignement d´un véritable Maitre, s´investir inconditionnellement dans la pratique (avec les difficultés que la vie moderne implique) et saisir chaque occasion de mettre en pratique ce qui a été si chèrement acquis. Les temps changeant, d´authentiques experts aux capacités très largement supérieures à la norme ont décidé de rendre leur enseignement accessible à qui souhaite faire évoluer sa pratique. Akuzuwa Minoru de l´Aunkai, Hino Akira ou encore Kuramoto Nariharu font partie de cette nouvelle catégorie d´enseignants qui enseignent ouvertement les principes les plus profonds de leur méthode.

 

Cette ouverture d´esprit et cette générosité ne saurait toutefois s´affranchir du travail personnel et pour rester dans le ton du sujet, il ne faut pas oublier que selon la formule consacrée "le véritable enseignement n´est pas de te parler mais de te conduire". Certaines traditions s´inscrivent résolument dans la durée, pour le plus grand bénéfice de ceux qui se donnent la peine de suivre la voie.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 14:12

Le terme Aiki a été popularisé au sortir de la seconde guerre mondiale par Ueshiba Morihei (1883-1969) le fondateur de l´Aikido, un art martial moderne japonais. Si l´Aikido est un art relativement récent, le terme Aiki qui en compose partie du nom est, pour sa part, beaucoup plus ancien ou, plus exactement, renvoit à une méthode corporelle dont l´origine précise se perd dans les méandres de l´histoire des arts de combat.

 

En terme de chronologie, le terme "Aiki" est vraisemblablement couché sur le parchemin pour la première fois (il convient de considérer qu´il s´agit  là du document le plus ancien retrouvé et préservé à ce jour) en 1858 sur un makimono, pour l´exactitude, appartenant à une Koryu, la Toda-ha Buko-ryu, spécialisée dans les techniques de naginata (arme longue à lame courbe).  En dépit des apparences et des tentatives de récuparation, il est sage de ne voir ici qu´une simple homonymie.

 

C´est entre la fin du XIXème et le début de XXème siècle que le concept Aiki apparait dans le contexte des arts de combats à mains nues. En effet, c´est à cette époque qu´un Aizuppo, descendant en ligne directe du fameux seigneur de la guerre Takeda Shingen, fait une apparition fracassante sur le devant de la scène en la personne de Takeda Sokaku.

 

Pendant plus de 40 ans, Takeda Sokaku va inlassablement parcourir l´archipel nippon, de Koshu en Koshu (séminaires d´une durée moyenne de 10 jours) pour assurer la diffusion et la transmission du Daito-ryu Aikijujutsu faisant entrer de plain-pied l´Aiki dans le paysage martial japonais.

 

 

Tentative de définition sommaire de l´Aiki.

 

 

Si les arts se revendiquant de l´Aiki sont pratiqués par des milliers de pratiquants à travers le monde, aucune définition proposée n´a jamais obtenu, jusqu´à ce jour, un agrément général. Proposer une définition, même sommaire, relève donc de la gageure et s´apparente plus à un exercice d´équilibriste sur une corde raide, sans filet, en extérieur et par grand vent, qu´à une simple formalité. Obtenir un consensus est d´autant plus difficile que le terme Aiki est utilisé par différentes écoles, elles mêmes divisées en plusieurs courants, et qui n´ont pas la même appréciation et la même compréhension du mot.

 

Je me limiterai donc à donner une définition par nature empirique et qui n´a pas vocation à être acceptée comme représentative ou exhaustive du concept. L´Aiki décrit une capacité technique d une très grande technicité atteinte par le pratiquant sur la base d´une méthode corporelle universelle et qui repousse les limites purement physiques des techniques dites conventionelles. Cette capacité s´obtient à travers le triptyque suivant: Kata keiko (étude des techniques de base et avancées de l´école), Tanren ( travail de conditionnement en solo mettant l´accent sur différents aspects), et  Randori (applications libres avec partenaire).

 

Aiki consiste en la capacité immédiate et spontanée à impacter très sensiblement l´adversaire lors d´une confrontation physique afin de pouvoir, dans un premier temps, reprendre la main, puis, de porter le combat à son terme le plus rapidement possible sans utiliser indûment de la force, ni en créant des tensions structurelles perceptibles et exploitables pour l´adversaire. Dans sa version "défensive", l´Aiki est quasi exclusivement go no sen, c´est à dire une réaction appropriée face à une sollicitation aggressive et qui permet de reprendre le contrôle de la situation.

 

Au niveau du ressenti, l´Aiki annule la force de l´adversaire ou bien lui interdit de s´en servir ce qui revient peu ou prou à la même chose et ce, à l´instant du contact. L´effet et l´impact sont donc très déconcertant pour qui les subit car il n´y a aucun moyen de s´en prémunir tant cette sensation est étrangère aux différents arts de combat "classiques".

 

Si on ne peut pas affirmer qu´il s´agit d´une force supérieure stricto sensu, on peut en revanche se risquer à dire que l´Aiki est une force non conventionelle contre laquelle un non initié (en Aiki ou en force interne) n´a guère de chances de s´en sortir tant il perd le contrôle de son propre corps.

 

On prétend, probablement avec raison, qu´une image vaut mille mots. J´ai donc sélectionné certains clichés de pratiquants ayant obtenu un excellent niveau en Aiki. Certains sont très connus, d´autres moins. L´avantage des photos c´est qu´elles arrivent à saisir les réactions des Uke (personnes qui subissent la technique) qui ne durent généralement qu´une fraction de seconde (et donc difficilement perceptible à l´oeil nu) mais qui prouvent de façon incontestable que l´impact au contact a bien été ressenti. Aussi est il intéressant de s´intéresser à la structure corporelle défaillante de Uke plutôt qu´à celle de Tori.

 

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Une illustration quasi parfaite du principe Go no sen par Takeda Tokimune Soke. Alors que Uke s´apprête à dégainer son sabre, Takeda Tokimune Soke intervient avant que le geste n´ait pu se développer, simultanément il frappe aux yeux en pique, une technique appelée Metsubushi.

 

 

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Défense contre Kubijujijime (étranglement en croix) par Takeda Tokimune Soke, dès la saisie, Uke est immédiatement déséquilibré vers l´arrière alors que son attaque était censée lui apporter un avantage décisif.

 

 

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Sagawa Yukiyoshi Sohan en action, l´impact sur Uke est très puissant tandis que Sagawa Sohan se déplace à peine pour un effet maximal.

 

 

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Sato Norio Sensei applique l´Aiki à partir d´une saisie sur le poignet à Kodama Goro Sempai au Hombu Dojo de Kitami (Hokkaido). Il est possible à partir d´un mouvement à la fois simple et souple de provoquer une contrainte articulaire douloureuse.

 

 

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Nakano Sensei déséquilibre Kodama Goro Sempai au Budokan de Kitami. A partir d´un mouvement tout en relachement et en souplesse, Nakano Sensei déstructure complètement Kodama Sempai qui décolle lègèrement du sol à l´impact, les épaules entravées. Notez la puissance et la soudaineté de l´impact sur le visage de Kodama Sempai.

 

 

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Akuzawa Minoru Sensei aux prises avec son élève Christophe Ksiazkiewicz aka Kiaz, instructeur certifié d´Aunkai et pratiquant émérite. Sur une saisie pourtant vigoureuse et assurée, Akuzawa Sensei déséquilibre Kiaz, un solide gaillard pourtant peu coutumier du fait, en se déplacant légèrement. A la surprise générale, Kiaz est repoussé vers l´arrière et perd le bénéfice de la prise d´initiative. Il est à noter, cependant, que Akuzawa Sensei ne désigne ses capacités extraordinaires en utilisant le terme Aiki, mais plutôt celui de force interne.

 

 

Il existe bien d´autres clichés illustrant le principe Aiki, j´en ai choisit quelques uns qui me plaisaient particulièrement, soit parce qu´ils ont une valeur historiques et qu´ils rendent un hommage amplement mérité à des grands noms du passé qui ont réussit à transmettre ce patrimoine fantastique, soit parce que j´ai moi même été témoin de ces moments qui sont particulièrement impressionants et inspirants, que l´on soit dans la position de simple spectateur ou dans celle de Uke.

 

En guise de conclusion je rappelerai ce que Sagawa Sohan considérait comme fondamental dans l´étude des arts martiaux:

 

"La pratique intermittente, quelle que soit son degré d´intensité, est parfaitement inutile. Vous devez pratiquer chaque jour de votre vie. Ceci, et ceci uniquement, constitue le véritable entrainement ou Shugyo".

 

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 10:56

Le titre de l´article est volontairement affirmatif et il n´est pas de moi. Il s´agit de la traduction littérale d´une vidéo que l´on peut dénicher sur le net. Comme beaucoup de vidéos, elle traite de l´Aiki et a la prétention de donner des pistes de travail visant à l´acquisition de ce principe à la fois traditionnel et mystérieux des arts martiaux japonais, lui même probablement hérité d´un creuset encore plus ancien originaire d´Asie centrale.

 

La vidéo est proposée par la Daito-ryu Saigo-ha Shodokai dirigée par Sogawa Kazuoki. Comme son nom l´indique, il s´agit d´une école de Ju-jutsu qui se réclame du Daito-ryu mais qui revendique une filiation parralèle: celle de Saigo Tanomo, un ancien haut dignitaire (hittōgarō ) du clan Aizu principalement connu pour les liens étroits qu´il aurait entretenu avec deux grandes figures des arts martiaux japonais du début du XXème siècle: son fils adoptif Saigo Shiro et un certain Takeda Sokaku.

 

Sogawa Kazuoki est également un auteur prolifique: de nombreux ouvrages et pas moins de 7 DVD sont à découvrir.

 

L´authenticité de ce groupe, et plus particulièrement de sa filiation, est néanmoins très controversée dans le monde du Daito-ryu. La plupart des chercheurs s´accordent pour dire que la version historique des faits proposée par la Saigo-ha est très vraisemblablement apocryphe. Un constat que semble confirmer les vidéos publiées par ce groupe. Si l´expertise de Sogawa est évidente et ne souffre guère de contestations, le lien avec Aikido est très apparent et constitue probablement la matrice technique du système martial élaboré par Sogawa.

 

 

 


 

 

La vidéo propose différents mouvements à effectuer en solo ou avec un partenaire. On y retrouve des exercices de respiration, des suburi et des déplacements en shikko parmi d´autres. A chacun de se faire une idée sur la validité de ce qui est proposé et, selon les avis, d´y trouver ,éventuellement, une source d´inspiration et matière à réflexion.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 08:58

 

Autant le confesser immédiatement, un OVNI ne s´est pas posé dans mon jardin et je n´ai pas non plus rencontré d´improbables petits hommes verts à la technologie très avançée. En revanche, j´ai récemment eu la chance, car c´est en une, de rencontrer un artiste martial aux capacités extraordinaires lesquelles m´ont tout naturellement inspiré le titre de ce compte rendu.

 

Une chose est néanmoins sûre: lorsque l´on évoque Akuzawa Minoru Sensei et, par extension, l´Aunkai, il convient préalablement de se munir de son dictionnaire des synonymes et de se rapprocher de la rubrique des superlatifs si l´on souhaite éviter les répétitons.

 

J´ai donc participé du 20 au 24 octobre dernier à la formation intensive Aunkai qui s´est tenue à Villars les Dombes. J´avais découvert l´Aunkai par l´intermédiaire de Kiaz en décembre 2013 et suite à cette rencontre, je m´étais promis de rencontrer un jour le fondateur de cette méthode. A ce titre, la tenue d´une formation intensive s´étalant sur 4 jours correspondait tout à fait à ce que je recherchais.

 

Je dois également avouer que j´étais intrigué par le parcours de Akuzawa Sensei et que je demandais quels pouvaient être les éléments communs entre l´Aunkai et ma pratique, le Daitō-Ryū Aikijūjutsu, et si leur éventuelle pratique conjointe était envisageable. Je savais également que Akuzawa Sensei avait fait un passage par l´un des Dojo les plus mystérieux et inaccessible du Japon: le Sagawa Dojo et j´étais curieux de savoir si l´on retrouverait des éléments de cette forme particulière du Daitō-RyūAikijūjutsu dans l´Aunkai.

 

Ce qui suit est un compte rendu de ces 4 jours de pratique sans affabulations complaisantes, ni exagérations. Il va sans dire qu´en raison de mon inexpérience en Aunkai et de ma compréhension forcement limitée de cette méthode, mes propos pourront sembler inexacts, incomplets voire complètement hors sujets aux pratiquants autrement plus avancés que moi. Si cela devait être le cas, je les invite à me corriger sans tarder.

 

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                                                             Akuzawa Minoru Sensei fondateur de l´Aunkai

 

 

1. Le gel mental.

 

Aussi étrange que cela puisse sembler, j´ai rencontré Akuzawa Sensei quelques minutes seulement après son arrivée. J´imagine qu´il a du voir les Kanji Daitō-Ryū brodés sur mon Gi et que cela a du l´amuser. Nous en avons donc profiter pour parler de Daitō-Ryū Aikijūjutsu et de son expérience au sein du Sagawa Dojo. Akuzawa Sensei me confirme ce que je savais dèjà, à savoir qu´il n´a pas réellement appris de techniques stricto sensu au sein de ce Dojo.

 

La formation commence avec toute une série d´exercices propres à cette méthode réellement étonnante dans lesquels je me noie littéralement. A un certain moment, Akuzawa Sensei s´approche et me demande de la frapper en tsuki au torse. Je m´éxecute et mon poing vient s´écraser contre son torse. Il me demande alors de recommencer avec un petit sourire mais en précisant de frapper un peu plus fort. Je frappe alors d´une façon plus décidée. Au moment ou moin poing va toucher le corps de Akuzawa Sensei, il est inexplicablement stoppé par un mouvement de sa main souple et imperceptible provoquant chez moi ce qu´il convient d´appeler un „gel mental“ dans le sens ou j´ai été, l´espace de quelques secondes, complètement paralysé par ce qui venait de se passer. Mon coup, au moment même ou l´impact allait se produire, avait été complètement absorbé sans effort et apparement sans mouvement de la part de Akuzawa Sensei. Pire encore, j´ai été absolument incapable de réagir ou d´enchainer complètement abasourdi par ce qui venait de se produire ce qui dans une autre situation aurait été autrement plus dommageable.

 

Nous avons reproduit l´exercice plusieurs fois et à chaque fois mes coups ont été totalement absorbés comme si je n´avais personne en face. Dans le même temps, je ressentais une formidable énergie irradier autour du Hara de Akuzawa Sensei et qui se propageait. A plusieurs reprises, j´ai du reculer tellement cette énergie était puissante, j´irai même jusqu´à dire, effrayante. Pour la première fois, j´ai compris ce qu´ont pu ressentir certains adeptes du sabre lorsqu´ils faisaient face à d´authentiques experts et qu´ils étaient vaincus avant même d´avoir engagé physiquement le combat.

 

En ce qui me concerne, j´ai immédiatement pris conscience de l´abime qui sépare mes „capacités“ de celles de Akuzawa Sensei, la différence de niveau n´est pas importante, elle est tout simplement abyssale.

 

 

 

 

2. L´annulation de la technique.

 

Le deuxième jour de la formation a également été l´occasion de constater la profondeur et la puissance phénoménale de la forme de coprs de Akuzawa Sensei. Nous avons, à un certain moment, travaillé Aiki nage (Age Te en Aunkai). Si les noms sont légèrement différents, le principe est, pour sa part, identique. Il s´agit de faire chuter le partenaire depuis la position idori (à genoux) tandis que ce dernier nous maintient fermement les mains sur les genoux. Pour que l´exercice soit considéré comme utile, il convient de ne pas exercer une force musculaire brute mais au contraire de ne pas solliciter les épaules outre mesure et, d´une certaine façon, d´aller chercher la „force ailleurs“ tout en restant parfaitement décontracté.

 

Pratiquer cet exercice avec Akuzawa Sensei a été une expérience formidable. Que je maintienne ses mains ou non, j´ai systématiquement été projeté sans jamais avoir pu opposer un semblant de résistance. Le corps de Akuzawa Sensei n´offre pas de prises sur lesquelles s´agripper. A aucun moment, je n´ai eu la sensation que j´allais pouvoir, sans mauvais jeu de mots, reprendre la main. Dès que j´initiais un mouvement pour me libérer de sa prise ou le retenir, j´étais projeté immanquablement. La prise de Akuzawa Sensei est également très singulière, on a l´impression qu´un cadenas vient d´être posé sur notre main. La prise est douce et presque imperceptible et pourtant le poignet est pris sans parler de la force de gravité qui s´exerce sur ce dernier.

 

Akuzawa Sensei étant très pédagogue et très patient, j´ai eu l´opportunité d´essayer différentes combinaisons techniques pour me dégager de sa saisie. En vain, la forme de corps et la maitrise exceptionnelle de Akuzawa Sensei ont complètement annulé toutes mes tentatives, déséspérées à ce point, de lui appliquer avec succès une technique. J´ai alors réalisé que ce n´était pas un abysse qui nous séparait mais plus simplement une dimension.

 

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                                                                           Aiki nage par Sagawa Yukiyoshi

 

 

3. Une technique, mille techniques.

 

Une fois passé le choc des deux premiers jours, et avec l´aide de certains participants à la formation intensive, j´ai commencé à entrevoir ce qui constitue l´originalité de la méthode. A partir de quelques mouvements de base et de principes se déclinent une série pratiquement illimitée de techniques librement applicables selon les circonstances. Je dois avouer que sans l´aide, la patience et les explications de certains pratiquants avançés d´Aunkai, j´aurais probablement traversé la semaine comme une âme en peine et que je n´aurais absolument pas compris certains éléments clés de la méthode.

 

L´Aunkai est un Bujutsu mais, contrairement aux autres écoles de Bujutsu ou l´on enseigne des techniques au travers de Kata qui contiennent des principes, en Aunkai on enseigne une „forme de corps universelle“ qui au fil de la pratique se transforme en techniques. Acquérir un corps Aunkai, c´est à dire connecté, souple, débarrassé de toutes les tensions superflues, relâché tout en restant puissant et prêt à toute éventualité est le but de la pratique. Le corps et, par extension l´esprit, s´affranchissent de la technique en étant tout simplement actifs. Je bouge donc j´agis pourrait être une tentative de définition.

 

 

 

4. La méthode qui transcende toutes les méthodes.

 

L´Aunkai est il compatible avec d´autres arts martiaux? Après mûre réflexion, j´en suis intimement persuadé. Peu importe le style ou la stratégie, un pratiquant avec l´esprit suffisament ouvert et la volonté nécessaire ne peut que tirer que des bénéfices de la pratique de l´Aunkai même si cela implique dans un premier temps de revenir sur un certains nombres d´acquis et d´accepter la sensation de régresser. Dans un premier temps, il convient de se débarrasser de toutes les tensions inutiles qui parasitent immanquablement le corps en l´empêchant d´exprimer pleinement son formidable potentiel, d´acquérir souplesse et relachement tout en restant actif et réactif, d´avoir conscience de la puissance de la gravité et de l´importance fondamentale de la connexion. Apprendre à générer une puissance supérieure d´une manière différente ne devrait laisser aucun adepte sérieux totalement insensible.

 

S´il semble évident que tous n´atteindront pas un niveau comparable à celui de Akuzawa Sensei, loin s´en faut, les bienfaits à tirer de la méthode restent néanmoins indéniables. L´Aunkai ouvre une porte vers une autre façon de penser, de concevoir les arts martiaux. Plus important encore, Akuzawa Sensei est en mesure de prouver la validité de sa méthode avec des explications claires, détaillées et dépourvues de tout mysticisme. Surtout il est capable de les appliquer systématiquement et invariablement avec succès face à des pratiquants chevronnés, pour la plupart enseignants, non complaisants et déterminés. En tant que pratiquant de Ju-jutsu, j´ai été absolument époustoufflé par certaines techniques effectuées par Akuzawa Sensei telles Shiho nage, Kote gaeshi et d´autres encore. Connaitre leur degré de difficulté et voir avec quelle facilité elles sont exécutées laisse littéralement sans voix. A ce jour, je n´ai jamais vu un adepte allier précision technique avec une telle vitesse d´exécution. Il est tout aussi superflu de parler de la formidable puissance de frappe de Akuzawa Sensei tant elle hors norme.

 

Akuzawa Sensei est, à n´en pas douter, de la trempe de Takeda Sokaku, de Ueshiba Morihei ou de Sagawa Yukiyoshi pour ne citer que des experts japonais. Nous devons mesurer la chance que nous avons d´avoir l´opportunité de pourvoir benéficier de son enseignement et de sa formidable ouverture d´esprit.

 

 

5.(relativement) jeune deshi cherche Mao pour relation à long terme.

 

 

S´il est un devoir que chaque pratiquant doit avoir vis à vis de lui même et de sa pratique, c´est bien celui de l´honnêteté. Sans nécessairement pousser l´introspection au niveau d´un Luigi Pirandello, un pratiquant doit savoir reconnaitre quand le moment est venu de donner une nouvelle impulsion à son parcours afin de poursuivre sa progression et d´acquérir de nouvelles capacités. L´Aunkai est une méthode formidable à l´image de son fondateur. Loin d´être facile, elle implique une profonde remise en cause de nos acquis, de nos habitudes, de nos certitudes, de notre façon de penser et de concevoir l´affrontement. Elle suppose également de parvenir à un compromis historiquement difficile à obtenir: allier compréhension intellectuelle et gestuelle du corps spontanée, les deux étant très rarement compatibles.

 

Les exercices créés par Akuzawa Sensei vont dans ce sens, ils sont absolument indissociables de la méthode et ne peuvent, à mon avis, en aucun cas être négligés sous peine de passer complètement à côté de ce qui est l´essence de l´Aunkai. Il convient donc de les pratiquer quotidiennement, correctement et en gardant bien à l´esprit qu´il récelent probablement en eux d´autres principes et enseignements qui ne pourront que s´acquérir et s´apprécier qu´avec l´expérience et une certaine forme de conscience.

A ce titre, les mots de Sagawa Yukiyoshi prennent tout leur sens. „La pratique intermittente, quelle que soit son degré d´intensité, est parfaitement inutile. Vous devez pratiquer chaque jour de votre vie. Ceci et ceci uniquement constitue le véritable entrainement ou Shugyo“.

 

 

 

Enfin, je souhaiterais remercier tous les partenaires qui ont fait preuve d´une infinie patience, d´une grande pédagogie, d´amitié et de sympathie vis à vis d´un pratiquant très inexpérimenté qui a certainement du les ralentir dans leur apprentissage. Je leur adresse mes plus sincères remerciements en espérant pouvoir leur retourner un beau jour la faveur.

 

Merci également à l´organisateur Kiaz de m´avoir permis de participer à cette formation.

 

 


 

 

 

 

 

 


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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 16:07

Besser ein Ende mit Schmerzen, als Schmerzen ohne Ende.

 

 

C´est avec une grande tristesse que nous avons tout récemment appris le décès de Sano Matsuo Shihan, élève direct de feu Takeda Tokimune et fondateur du Daito-Ryu Aikijujutsu Shiseikan. Depuis environ 3 ans, Sano Shihan souffrait d´une maladie qui l´a progressivement éloigné des tatami. Il ne participait plus, en effet, qu´au traditionnel Keiko du dimanche matin au cours duquel, contraint par la maladie à rester assis, il pratiquait le Junbi Taiso avec une volonté et une énergie remarquable.

 

Sano Shihan a consacré sa vie à l´étude puis au développement du Daito-Ryu Aikijujutsu en Hokkaido, puis dans en Europe. A la fin de la seconde guerre mondiale, les contraintes de la vie professionelle le mènent en Hokkaido, à Abashiri pour l´exactitude, ou il apprend qu´un certain Takeda Tokimune enseigne un style de Ju-jutsu encore relativement peu connu du grand public: le Daito-Ryu Aikijujutsu.

 

Le Keiko est assurement rude et physiquement éprouvant sous la conduite sévère mais bienveillante de Takeda Tokimune. En 1956, le Daitokan Dojo, solide batisse en bois construite sur la propriété de Takeda Tokimune Soke est inauguré. C´est dans ce Dojo que certains des grands noms de l´école Daito seront formés. Parmi eux, Suzuki Shinpachi Shihan, dont on prétend qu´il fut le meilleur élève de Takeda Tokimune, Kato Shigemitsu Shihan, Arisawa Gunpachi Shihan et bien évidemment Sano Matsuo Shihan. Avec la disparition de ce dernier, c´est une page entière de l´histoire du Daito-Ryu Aikijujutsu qui se tourne de manière inexorable. Sano Shihan était connu pour sa grande maitrise de l´Aiki et pour son terrible kote gaeshi. Je garde, à titre personnel, le souvenir d´un homme d´une très grande et sincère humilité, au regard intimidant et à la passion débordante.

 

 

Ci-après un court extrait d´une émission qui lui avait été consacré alors qu´il était encore en bonne santé.

 

 


 
Une autre vidéo de Sano Shihan éditée par la société BAB.

 

 

Il est difficile d´exprimer avec ces quelques lignes toute notre gratitude et notre reconnaissance à Sano Shihan pour la générosité dont il a fait montre tout au long de sa vie. Nous exprimons nos plus sincères condoléances à la famille de Sano Shihan ainsi qu´à nos Maitres, amis et partenaires de Keiko de Kitami. A nous désormais de préserver et de transmettre le formidable héritage technique que nous a légué Sano Shihan.

 

 

 

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 16:38

Les amateurs de Koryu Bujutsu résidant dans la ville éternelle ont d´excellentes raisons de se réjouir. C´est en 1982 à Rome que l´association  ASD Il Ponte a été fondée. Parmi les activités proposées, on y retrouve la pratique du Ju-jutsu et plus particulièrement celle de l´Asayama Ichiden Ryu, l´ une des plus anciennes écoles japonaises.

 

Il est possible de classifier cett école dans la catégorie des Sogo Bujutsu, ces systèmes composites qui proposent l´étude de plusieurs disciplines à leurs adeptes (Ju-jutsu, Kenjutsu, Sojutsu etc...). L´une des particularités de l´Asayama Ichiden Ryu est d´avoir été officiellement enseignée dans de nombreux Han (clans) dont celui d´Aizu à l´époque Edo. La guerre de Boshin qui voit la destruction du clan d´Aizu et la dispersion de ses Samourai a également failli avoir raison de cette école dont seule la partie Tai-jutsu a pu être préservée.

 

 


 

 

 

La vidéo de démonstration ci-dessus illustre bien les éléments techniques caractéristiques d´une Koryu. On peut y apprécier l´intensité de l´intention, la fluidité des mouvements, la vitesse d´exécution, les saisies en gyakute pour une soumission rapide de l´adversaire ainsi que l´ utilisation optimale du corps. D´autres concepts, comme kobo ichi et go no sen, sont également présents.

 

Du fait de la proximité géographique et d´une similitude frappante entre les techniques, certains chercheurs s´interrogent sur les possibles liens de parenté entre Asayama Ichiden Ryu et Daito-ryu Aikijujutsu. Les deux écoles ont également en commun des origines obscures et il est difficile de proposer une version historique qui soit à la fois totalement fiable et dûment documentée.

 

La principale question est de déterminer quelle école a pu avoir une influence sur l´autre et d´en préciser la nature. Les deux systèmes se sont ils cotoyés et enrichis mutuellement au cours des années ou l´un des deux styles a t´il servi de base technique pour l´élaboration du second? Si la réponse ne sera vraisemblablement jamais tout à fait exhaustive, ni satisfaisante, la question, elle, méritait d´être posée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 18:45

Après avoir été l´apanage quasi exclusif, pendant des siècles, de la seule classe militaire, les arts martiaux se sont progressivement démocratisés, voire vulgarisés, souvent pour le meilleur mais parfois également, pour le pire.

 

Aujourd´hui de nombreuses tendances se cotoient et se disputent un "marché" visiblement toujours plus lucratif. La mercatique appliquée s´est désormais emparée du monde des arts martiaux, et si l´offre est probablement supérieure à la demande, certains pratiquants ont toutefois réussi à créer de véritables empires.

 

Or si l´offre est très (trop?) importante, la qualité, le sérieux de ce qui est proposé sont loin d´etre égaux d´une méthode à une autre et il est regrettable de constater que certains individus n´hésitent pas à vendre de véritables hérésies à une certaine catégorie de personnes facilement influencables.

 

Les deux vidéos ci-après illustrent à merveille les dérives actuelles de certains systèmes tout en exposant à la fois la crédulité de certains pratiquants d´arts martiaux à la recherche d´une méthode "miracle" et la malhonnêteté caractérisée d´un certain nombres d´organisateurs.

 

Commençons par l´empty force (force vide), un système originaire de Finlande et qui consiste à faire chuter et à soumettre un agresseur grace à des mouvements minimalistes et sans utilisation de force, en d´autres termes sans efforts.

 


 

 

Le résultat final laisse peu de place au doute quant au bien fondé et à la validité du système mais devrait néanmoins amener le pratiquant sérieux à se poser un certain nombres de questions et, en premier lieu, le désormais traditionnel "mais comment est ce possible?" (sous entendu d´en arriver là).

 

 

La seconde vidéo est d´autant plus significative qu´elle met en scène une personnalité relativement bien connue dans le monde des arts martiaux. De surcroît, la méthode en question connait un franc succès à l´échelle de la planète et ce, même parmi des pratiquants de disciplines réputées "sérieuses".

 

 

 


 

 

La méthode en question est le kyusho jitsu développée par un Américain, George Dillman. Là encore, on retrouve tous les éléments classiques de la mercatique appliquée. On notera avec intérêt les photos exhibées par le "fondateur " du style en compagnie de l´acteur Bruce Lee et du formidable boxeur Mohammed Ali assorties de certaines déclarations fracassantes telles que "je peux entrainer au sol la personne la plus forte que vous puissiez trouver avec un seul doigt".

 

Le Kyusho Jutsu est une discipline authentique et ancienne. Elle constitue dans la plupart des écoles japonaises classiques une partie non négligeable de l´enseignement dit caché, voire secret (okugi, hiden, okuden) et n´est pas accessible à tous. Si ces techniques sont susceptibles d´être efficaces, voire déterminantes au cours d´un affrontement réel, elles n´en constituent pas pour autant une méthode miracle ou une garantie de succès. A ce titre, elles font simplement partie de l´une des nombreuses stratégies que l´adepte peut choisir d´appliquer en combat.

 

A l´inverse, le kyusho jitsu tel qu´il est présenté et vendu se veut un système à la fois infaillible et révolutionnaire garantissant une efficacité maximale avec un minimum d´efforts et, surtout, accessible (pour ceux en mesure de payer naturellement) à tous et à toutes. Le conditionnement mental, une certaine forme d´hypnose suggestive et une dangereuse propension  à la crédulité, ou plus simplement un besoin désepéré de croire à l´improbable peuvent partiellement expliquer le succès de ces méthodes et le fait que des pratiquants soient sincèrement convaincus de l´efficacité de ce genre de techniques.

 

Les 2 vidéos présentent au moins un point commun sur lequel il est intéressant de se pencher. Les "Maitres" se révèlent incapables d´appliquer les techniques qu´ils ont pourtant personellement élaborées sur des "sujets" qualifiés de sceptiques, qui ne sont, à priori pas, des sportifs de haut niveau ou des professionnels des arts martiaux et surtout qui n´opposent aucune forme de résistance si ce n´est leur réserve, fort compréhensible au demeurant,  sur la véracité et l´authenticité des méthodes proposées.

 

L´ efficacité absolue, l´absence d´efforts physiques et la facilité d´apprentissage sont pourtant les aspects sur lesquels ces disciplines insistent le plus, promettant monts et merveilles à leurs élèves, toujours plus nombreux, en dépit du caractère hautement discutable de la méthode. Si l´on ne peut s´empecher de sourire en constatant les déconvenues de ces gourous d´un nouveau genre et en écoutant leurs tentatives d´explications pathétiques, il est plus difficile, en revanche, de ne pas s´inquièter face à la montée en puissance du phénomène et de ses possibles dérives. On ne saurait  se montrer trop reconnaissant vis à vis des personnes qui ont le courage de dénoncer de tels agissements et qui n´hésitent pas à s´exposer personnellement.

 

Quant aux chercheurs de méthodes miraculeuses, amateurs de tours de magie, nous nous limiterons à leur conseiller de se mettre à la recherche d´une méthode sérieuse et de bien prendre conscience que la recherche de l´efficacité ne saurait s´affranchir d´ efforts, d´une abnégation totale et d´un investissement personnel sans commune mesure avec ce qui est présenté au cours de ces séminaires. A défaut, l´expérience de la réalité d´une confrontation physique pourrait se révéler très cruelle.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 11:00

oyama

 

 

"J´ai commencé mon entrainement personnel avec ce que l´on appele les 18 techniques, mais j´ai très vite réalisé que développer exclusivement la force physique revenait à essayer de sculpter une statue du Bouddha sans véritablement impliquer son esprit dans cette entreprise".

 

 

"Consacrez à l´entrainement un temps supérieur à celui que vous accordez à votre sommeil. Peut importe votre but: vous ne le regretterez jamais si vous en faites une règle inflexible".

 

 

"Au cours des 1.000 premiers jours de pratique, un individu est un débutant qui trouvera la vérité après 10.000 jours de pratique".

 

 

 

 

 

                                                                                              Oyama Masutatsu, fondateur du Karate Kyokushin.

 

 

 

 

 

 

"Les secrets sont comme vos sourcils, bien qu´ils soient près de vous, vous ne pouvez pas les voir".

 

 

                                                                                                                                                  ancienne poésie japonaise.

 

 

 

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"L´opportunité (dans un combat) est un instant qui cesse immédiatement".

 

 

                                                                                                        Yokoyama Sakujiro, un des légendaires Shitenno.

 

 

 

 

 

 

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"Le Kata et le Waza (technique) sont, par essence, limités. Ils sont inutiles tant que l´on n´apprend pas comment les appliquer dans chaque situation".

 

 

"Se limiter à copier la technique d´un autre ne peut, et,  ne pourra jamais produire les mêmes résultats que la recherche personnelle et méticuleuse. Une fois les principes intégrés, le reste devient facile". 

 

 

"La duperie est l´une des meilleurs techniques du Kenpo".

 

 

 

                                                                                                                Motobu Choki, expert Okinawaien de Karate

 

 

 

 

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"La pratique intermittente, quelque soit son degré d´intensité, est parfaitement inutile. Vous devez pratiquer chaque jour de votre vie. Ceci, et, ceci uniquement constitue le véritable entrainement, ou Shugyo".

 

 

"Garder ce Bujutsu secret en préserve la force. Il est complètement différent des autres arts (martiaux) car nous connaissons quelque chose que les autres ne savent pas".

 

 

                                                                            Sagawa Yukyoshi, fondateur du Sagawa-ha Daito-ryu Aikibujutsu

 

 

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"La superbe doit être évitée. Tous les grands maitres au cours de l´histoire sont parvenus à compléter et à comprendre la vérité de l´art (martial) après de très longues périodes de recherche et de pratique, suant littéralement sang et eau et  au péril de leur vie. Il est très facile de devenir superbe et indolent après une période brève de pratique au sein du dojo, mais cette attitude est mauvaise. La superbe nous fait grandir de façon erronée et subir des défaites à cause d´une trop grande désinvolture".

 

 

 

                                                                       Takeda Tokimune, 36ème et dernier Soke du Daito-ryu Aikijujutsu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 07:47

La préservation, le développement et la correcte transmission des techniques et  principes d´une école classique (Koryu) d´une génération à l´autre est, sans aucun doute, l´une des phases les plus délicates à gérer pour le patriarche d´une tradition martiale parfois pluri centenaire. Les Koryu Bujutsu sont un monument en péril. Souvent cataloguées comme des traditions surannées, des survivances tenaces et complètement dépassées d´un autre temps ou encore comme un simple folklore,  leur déficit d´image et le peu d´intérêt qu´elles suscitent, tant au Japon que dans le reste du monde,  expliquent en partie cette regrettable situation. Alors qu´en pleine période Edo, certaines ryu-ha, telles la Tenjin shin´yo ryu ou la Hokushin Itto-ryu affichaient une vitalité admirable et comptaient jusqu´à plusieurs milliers d´adeptes, leurs effectifs se sont aujourd´hui dramatiquement réduits comme peau de chagrin et, dans certains cas, le nombre restreint et l´âge avancé des pratiquants actifs ne permettera vraisemblablement pas à de nombreuses écoles, à terme, de survivre.

 

 

 

La transmission du savoir, au sein des Koryu Bujutsu, est assurée au travers de l´étude du Kata. Sans être totalement exclusive, cette méthode constitue néanmoins une part non négligeable, et surtout non négociable, de l´apprentissage. Le terme Kata dans les écoles classiques japonaises ne doit pas être confondu, dans la forme, avec celui utilisé pour (les) Karate. En Karate, le Kata correspond  à une séquence de mouvements, plus ou moins longue, effectuée en solo et dans le vide face à un ou plusieurs adversaires imaginaires. Cette description est bien évidemment très réductrice et ne saurait en aucun cas constituer un argument d´autorité, ni une définition complète.

 

 


 

 

 

En Koryu Bujutsu, le Kata se pratique principalement à deux. Tori exécute une technique sur Uke qui la reçoit au cours d´une séquence pré-établie. Les scénarios sont nombreux et incluent tout une palette d´attaques diverses et variées allant des frappes aux saisies effectuées dans, et à partir de, différentes positions. Le Kata est la mémoire vivante de l´école, il contient tous les principes et les stratégies qui constituent l´essence même de la ryu-ha.  A ce titre, il représente bien plus qu´une simple compilation de mouvements ou qu´une technique isolée, or son rôle, pourtant fondamental, est souvent mal compris par les pratiquants d´arts martiaux dits "modernes".

 

Le Kata constitue le fondement, le socle, sur lequel l´adepte viendra asseoir sa "martialité". Il ne s´agit pas pour le pratiquant de mémoriser des centaines de séquences techniques à usage unique mais plutôt d´intégrer progressivement un certain nombre de principes fondamentaux, communs à la quasi totalité des écoles, et qui sont susceptibles de permettre la victoire ou, à défaut, la survie lors d´un affrontement. Sans rentrer trop profondement dans les détails et de façon non exhaustive, ces principes sont: l´intuition et la perception active ce qui nous entoure (genshin), la gestion de la distance (ma-ai), l´aptitude à créer le déséquilibre chez l´adversaire pour pouvoir appliquer la technique (kuzushi) et la capacité à maintenir l´esprit concentré et éveillé une fois le combat terminé (zanshin).

 

 

L´observateur se méprend régulièrement sur le but et la fonction du Kata au sein des écoles dites "traditionnelles". En réalité, l´étude du Kata évolue de pair avec la progression de l´adepte. Dans un premier temps, il est demandé au débutant d´agir par mimétisme et de copier purement et simplement les mouvements du sensei (professeur) ou du sempai (ancien). Cette phase dans l´apprentissage, bien qu´étant strictement nécessaire, apparait  particulièrement ingrate, voire rébarbative (1.000 répétitions pour la maitrise, 10.000 pour le polissage dit le proverbe) aux yeux du jeune novice qui n´a pas encore l´expérience, le recul et les connaissances nécessaires pour appréhender dans sa globalité ce qui lui est enseigné.

 

Il existe traditionellement deux formes de Kata keiko (exercices de pratique du Kata). La version omote dite de "surface" et enseignable à tous les membres de l´école indépendamment de leur implication personelle et de leur potentiel intrinsèque. On considère qu´il n´est pas dommageable pour l´école de voir ses techniques être divulgées à des individus extérieurs à la ryu-ha, fussent ils eux mêmes pratiquants. Ces techniques représentent en quelque sorte la partie visible du programme accessible à tous.

 

 

 


 

 

 


 

 

 

L´exécution dite "ura" (cachée) des techniques est, en revanche, un secret jalousement gardé. Il s´agit toujours de Kata mais dont les applications en combat réel sont jugées infiniment supérieures. Ces techniques demandent une meilleure expertise et une aisance technique plus prononcée par rapport aux versions de base mais apportent sans aucun doute une plus value très significative lors d´un affrontement. Paradoxalement, la différence entre techniques omote et ura est parfois étonnamment  ténue alors que le ressenti pour Uke et l´efficacité sont sans commune mesure. Tous les adeptes n´ont pas nécessairement accès à ce savoir, seuls une partie d´entre eux, triés sur le volet, seront initiés à cet enseignement qualifié de supérieur. Par enseignement supérieur, il convient d´entendre une  utilisation optimale du corps pour une génération de puissance supérieure ainsi que toute une série de prises, saisies, déplacements et frappes inédits qui n´existent pas ou qui ne sont pas étudiés dans les formes omote.

 

 

Une fois le grade de shodan obtenu, l´étude du Kata devient résolument évolutive et l´adepte se voit accorder une plus grande autonomie dans son apprentissage. Les rythmes changent également. Les attaques et les saisies se font plus tranchantes, plus rapides, plus résolues. La complaisance n´est plus de mise et progressivement l´adepte intègre et adapte le Kata en fonction de sa personnalité et des ses capacités. Si les principes fondamentaux restent incontournables, d´autres qualités sont désormais à développer telles l´intention, l´intensité et la fluidité dans l´exécution des techniques. Il n´est plus question d´interrompre un mouvement en pleine action sous prétexte que l´on n´était pas prêt ou que l´adversaire a attaqué sans prévenir ou de façon inhabituelle. Il convient désormais de poursuivre l´action et de s´adapter aux circonstances. Au sein du Dojo, l´étude du Kata constitue une relation donnant/donnant, gagnant/gagnant entre deux adeptes, chacun se nourrissant de l´expérience et des capacités de l´autre. Le kohai peut ainsi ressentir et apprécier la technique de son sempai et ce dernier, à son tour, progresse à travers l´enseignement et la transmission qu´il donne. A niveau égal, deux adeptes peuvent complètement s´affranchir du carcan du Kata et en profiter pour expérimenter leurs découvertes et affiner leurs techniques.

 

Parmi les stratégies à appliquer figure le go no sen (réaction face à une action/agression). Si le terme est familier pour les pratiquants d´arts martiaux japonais, il est généralement à la fois mal intégré et mal enseigné. Pour beaucoup le go no sen est une parade que l´on oppose à une sollicitation agressive avant de passer à la contre attaque. Cette définition se rapproche plus du go no go (action contre action) et ne permet pas, en situation réelle, de reprendre l´initiative de façon décisive lors d´une confrontation. Il convient donc, dans le cadre de l´étude du Kata, de bien intégrer cet aspect particulier du combat et d´acquérir la capacité à "lire" le langage corporel de l´adversaire afin de pouvoir appliquer correctement le go no sen. La nature et la qualité de l´apprentissage évolue donc très sensiblement au cours des années pour se rapprocher toujours plus des conditions d´un affrontement non codifié. Le but est de mettre un terme à l´agression en réagissant de façon appropriée avant que cette dernière n´ait eu le temps de "s´extérioriser" totalement. Cette étude, plus spécifique, n´est abordée qu´après un certain laps de temps et est probablement responsable de la mauvaise compréhension du go no sen et de la fonction du Kata.

 

Parmi les pionniers Occidentaux en arts martiaux japonais, rares sont ceux à avoir réellement étudié dans la durée et encore moins nombreux sont ceux ayant eu accès à un enseignement autre que de "surface". Par conséquent, ce qu´il aurait fallut considérer comme de simples Kata de base ont été présentés au grand public comme des techniques authentiques et représentatives des Koryu Bujutsu. En d´autres termes, des pratiquants légérement plus avancés que de simples débutants ont tenté, avec plus ou moins de succès, de transmettre ce qu´ils avaient appris, de façon lacunaire, en Occident sans avoir eu nécessairement conscience qu´ils n´avaient jamais eu accès à l´essentiel et qu´ils étaient, en réalité, restés sur le "seuil de l´école". Si l´on considère la situation actuelle en Europe et la multitude de pseudos écoles traditionnelles se réclamant du Japon, au travers de ces pionniers, on ne peut que constater que les dégâts sont considérables.

 

L´importance du Kata keiko demeure fondamentale dans la formation d´un adepte. Progressif et évolutif, il est le garant de la bonne compréhension des principes et des stratégies fondamentaux de l´école et en constitue le répertoire technique. Sans principes et sans stratégies dûment intégrés, la technique n´est d´aucune utilité et sans technique il est impossible de vérifier la validité et la pertinence des principes et des stratégies. Dans les Koryu, toutes les techniques contenues dans les Kata sont connexes, c´est à dire qu´il est possible d´appliquer une ou plusieurs techniques indépendamment de l´attaque à laquelle il faut faire face. Le Kata n´est pas un catalogue technique rigide appliquable dans un cas précis uniquement, bien au contraire, il permet le lien fondamental entre principe, technique et stratégie et exprime sa pleine potentialité à travers l´adepte. En d´autres termes, il s´agit d´un outil pédagogique incontournable mais qui impose une implication totale et quotidienne. Des conditions bien drastiques pour une époque qui n´a plus le temps de prendre son temps et dans laquelle seul l´effet immédiat et la satisfaction béate sont recherchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 15:43

Saigo-Shiro1.jpg                                                                           Un jeune Saigo Shiro

 

 

Peu d´artistes martiaux, passés et contemporains, peuvent se targuer de bénéficier d´une aura  légendaire comparable à celle de Saigo Shiro. Alors que sa "carrière officielle" en tant que combattant est relativement courte (1882-1891), l´écho de ses exploits résonne encore plus de 90 ans après sa disparition et divise le monde du Budo.

 

Saigo, né Shida, voit le jour en 1866 en Aizu, un fief connu pour l´indéfectible fidélité qu´il voue à la maison Tokugawa. Saigo est âgé de deux ans à peine lorsque le clan tombe après une lutte désespérée face à la toute nouvelle armée impériale composée principalement par les forces combinées des grands clans du sud de l´Archipel.

 

La famille Shida, comme beaucoup d´autres, est contrainte temporairement à l´exil, le jeune Shiro ne revient sur ses terres qu´ après la mort de son père Teijiro vers 1872. La filiation réelle de Saigo est sujette à controverse. En effet, si officiellement son père biologique est Saigo Teijiro, Samourai du clan Aizu, il semble que Saigo Tanomo, un haut dignitaire du clan, soit en réalité son véritable géniteur et que le jeune Shiro soit le fruit d´un amour adultère. Il s´agit en tous cas de la thèse avançée par Takeda Tokimune pour expliquer les liens très étroits qui uniront, à une certaine période, Shida Shiro à Saigo Tanomo.

 

En sa qualité de haut dignitaire du clan Aizu, Saigo Tanomo a vécu de l´intérieur l´assaut mené par les troupes impériales sur le chateau Tsuruga. Peu avant la chute du chateau et la reddition du clan, Saigo Tanomo réussit à s´échapper avec une poignée d´hommes pour Sendai afin de rejoindre les derniers irréductibles demeurés fidèles à la cause des Tokugawa.  Parmi ces hommes se trouve un combattant expérimenté et expert Sumotori, un certain Takeda Sokichi. Il doit, en revanche, abandonner sur place le reste de sa famille laquelle préfère se suicider plutôt que de se rendre aux forces impériales.

 

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                                                             Le chateau Tsuruga après la fin des hostilités

 

A l´instar des ses compatriotes Aizuppo, longtemps catalogués comme ennemis impériaux, Saigo a du mal à se trouver une place dans la nouvelle société japonaise, d´autant plus que l´homme est ambitieux. Il rêve, en effet, de devenir général en dépit d´une éducation somme toute modeste et d´un caractère emporté très largement  incompatible avec la fonction.

 

En 1882, il se rend à Tokyo pour réaliser son projet. Une fois dans la capitale, il réalise très vite que son entreprise est vouée à l´échec et est contraint d´accepter des emplois peu qualifiés pour pouvoir survivre.  La fortune commence à lui sourire lorsqu´il rencontre un certain Kano Jigoro au Dojo de Inoue Keitaro, un enseignant de Tenjin shin´yo ryu. Même si cette version des faits est contestée par Kano en personne, il semble que les étonnantes capacités martiales de Saigo ont su susciter un très vif intérêt chez Kano. Ce dernier n´est pas un simple pratiquant de Ju-jutsu, il ambitionne de réformer profondement les méthodes des Ju-jutsu anciens et de créer une nouvelle discipline à la fois moderne et efficace.  Pour ce faire, il a besoin de s´entourer d´adeptes de valeur pour l´aider dans l´élaboration technique de son Judo. Saigo est ainsi choisit directement par Kano et devient uchi-deshi (élève à résidence) au Kodokan.

 

C´est à cette époque que nait véritablement la légende de Saigo Shiro, encore connu comme Shida Shiro. Shiro ne tarde pas à acquérir une réputation de combattant invincible. En effet, il remporte toute une série de combats mettant aux prises le Kodokan Judo aux diverses factions du ju-jutsu ancien qui se sont unies pour détruire l´école de Kano Jigoro au cours de Dojo Yaburi. La liste des "victimes" de Saigo depuis son entrée au Kodokan jusqu´à son départ précipité en 1891 est prestigieuse et force l´admiration.  Tour à tour, Yokoyama Sakujiro le démon de l´école Tenjin Shin´yo et  Okuda Matsugoro subissent les foudres de Saigo et sont très nettement vaincus en dépit d´une supériorité physique indéniable. En 1886, au cours d´un tournoi célèbre, Saigo et son imparable technique entrent définitivement dans la légende: un autre démon du Ju-jutsu, Kochi Entaro de l´école Totsuka-ha Yoshin, le plus redoutable combattant de l´époque et largement favori,  est terrassé par le Yama-arashi de Saigo. Le Kodokan a définitivement gagné sa place dans le monde des arts martiaux japonais et peut même prétendre à la première place.Le Judo devient à l´occasion la méthode suprème au détriment des Ju-jutsu anciens. La victoire du Kodokan est totale et les autres écoles de Ju-jutsu seront contraintes de jurer allégeance au Kodokan et à Kano afin de pouvoir survivre.

 

Pour beaucoup d´historiens, le rôle joué par Saigo a été déterminant, d´aucun avancent même que sans sa contribution, le Judo n´aurait pas su résister à long terme face aux attaques répétées et hostiles des combattants de Ju-jutsu. D´autres encore, reprochent à Kano d´avoir eu recours à des pratiquants expérimentés de Ju-jutsu (Yokoyama Sakujiro, Yamashita Yoshitsugu et.... Saigo Shiro) pour défendre la bannière du Kodokan contestant ainsi la validité des principes du Judo et la probité de son fondateur.

 

Le mystère entourant les rapports entre Shida Shiro et son futur père adoptif, Saigo Tanomo sont à l´origine des innombrables controverses mettant aux prises adeptes du Ju-jutsu et pratiquants de Judo. La principale polémique porte sur la nature, la durée et la qualité de la formation aux arts martiaux que Saigo Shiro aurait reçu en Aizu avec ou sans l´aide de Saigo Tanomo. Le Nishinkan, le Dojo du clan Aizu, était un grand centre d´entrainement ou de nombreux experts réputés à l´échelle du pays enseignaient. La réputation flatteuse des Samourai d´Aizu est due en grande partie à la qualité de l´enseignement dispensé au Nishinkan. Après la démantelement du clan Aizu, le célèbre Dojo a néanmoins pu être reconstruit et les experts ayant survécu au conflit ont pu reprendre leurs activités. Il était possible d´accéder au Nishikan à partir de l´âge de 9 ans, soit pour Saigo dès 1875 ce qui laisse potentiellement supposer 7 années d´apprentissage avant son départ pour Tokyo en 1882.

 

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                                                                              Le Dojo Nishinkan

 

 

Un autre enfant terrible du clan Aizu, Takeda Sokaku, aurait également bénéficié de la bienveillance de Saigo Tanomo. Selon ses dires,Sokaku aurait hérité de Saigo Tanomo les techniques secrètes du clan, l´Oshikiuchi, qui formeront la base technique du Daito-ryu Aikijujutsu, avec pour mission de préserver et de transmettre ces techniques en les divulgant au grand public. Etant donné la nature et l´étroitesse des relations entre Saigo Tanomo et Shida Shiro, officiellement adopté en 1884 au cours d´un bref retour en Aizu, beaucoup d´historiens ont conclut que Saigo Shiro avait vraisemblablement été formé aux techniques très efficaces de l´Oshikiuchi par son père et qu´il était déjà un combattant chevronné bien avant de défendre les couleurs du Kodokan pour le compte de Kano Jigoro. Cette hypothèse expliquerait également l´origine mystérieuse de la technique ultime de Saigo: Yama arashi. Cette dernière n´appartiendrait pas au corpus technique du Judo mais bien à celui de l´Oshikiuchi.

 

La simple évocation de Yama arashi déchaine souvent les passions et les fantasmes, un peu à l'image de la polémique qui caractérise les débats Judo/Ju-jutsu. Il n'existe malheureusement pas de vidéo connue ou préservée de Saigo Shiro en action ou en démonstration. Seuls ses proches partenaires d'entrainement, les Judoka de la première heure, peuvent réellement apporter un témoignage direct. Yokoyama Sakujiro, une autre légende du Judo, s´y est essayé dans son ouvrage intitulé sobrement Judo Kyohan publié en 1909 à Tokyo. La technique y est brièvement décrite sans pour autant réellement éclairer le lecteur sur sa véritable nature et est accompagnée de l´illustration ci après.

 

Y-Yama-Arashi.jpg                                                              Yama arashi d´après l´ouvrage de Yokoyama

 

Il apparaît, d´après les différents témoignages, que Saigo profitait de sa petite taille et de sa vitesse d'exécution phénoménale pour effectuer Yama arashi. En tout état de cause, ce qui pouvait sembler au départ un sérieux désavantage physique s'est transformé en une technique imparable. Saigo "disparaissait" subitement sous le bras tout en placant simultanément sa hanche en dessous de celle de son adversaire, il effectuait dans le même temps un balayage de la jambe d'appui tout en tirant sur le bras saisi en direction du sol provoquant ainsi la chute de l'adversaire dans des conditions plutôt périlleuses.

 

Techniquement parlant, cette description peut renvoyer à certaines techniques fondamentales de projection du Judo telles Tai otoshi, O goshi et/ou Harai goshi, voire à une audacieuse combinaison des trois. On peut considérer que la petite taille de Saigo lui permettait d' attaquer directement la hanche de l'adversaire sans avoir à fléchir ou à abaisser son centre de gravité ce qui rendait l'exécution de Yama arashi d´autant plus imprévisible.

 

Pour Obata Toshishiro, Yama arashi serait une forme légèrement modifiée de Shiho nage suivie d´un balayage.

 

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                                                                   Yama arashi d´après la vision de Obata

 

 

 

On retrouve cependant dans le Daito-ryu Aikijujutsu une technique assez proche de la description de Yama arashi. Il s'agit de Koshi guruma, une technique recensée dans la section ikkajo du Hiden Mokuroku. Dans sa forme de base, le principe est d´entraver les bras de l´adversaire de façon à pouvoir "prendre son  centre", un Tai sabaki permet ensuite de laisser "glisser" l´adversaire (et non pas de le charger) sur les hanches pour ensuite le projeter. Générer le déséquilibre (Kuzushi) à partir d´une saisie est une des caractéristiques du Daito-ryu Aikijujutsu. Le Kuzushi permet une exécution correcte de la technique. L´ukemi est également difficile à effectuer pour qui subit la technique car il ne contrôle plus, ni ses bras, ni l´espace autour de lui. Executée en vitesse, cette technique peut occasionner de sérieux dégats à qui la subit, l´adversaire étant incapable de ralentir et d´amortir sa chute.

 

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                                                            Koshi guruma par Oleg Popov (Kitami 2013)

 

 

Se prononcer définitivement sur l´origine de Yama arashi reste délicat, chaque discipline, Judo comme Aikijujutsu pouvant légitimement en revendiquer la paternité. Quoi qu´il en soit et qu´elle qu´ait pu être la forme de cette technique, personne mieux que Saigo et, surtout, personne depuis Saigo, n´a été en mesure de la reproduire avec l´efficacité qui lui est prêtée.

 

Il est difficile, en revanche, de ne pas être frappé par les innombrables traits communs entre Saigo et Sokaku. En sus de leur appartenance au même clan, les 2 hommes étaient de petite taille, même pour l´époque, (environ 150 cm), de constitution plutôt menue (entre 50 et 55 Kg environ) et fameux pour leur agilité phénoménale. Leur caractère est également très proche, tous deux étaient connus pour leur propension à faire le coup de poing à la moindre provocation, leur humeur querelleuse, et pour leur formidable maîtrise des armes classiques. Seul leur rapport à l´alcool les différencie notablement, Saigo était un buveur invétéré tandis que Sokaku était, pour sa part, complètement astinent. Quant à leurs capacitès en matière martiale, elles ne font aucun doute et ont été très largement commentées tant de leur vivant qu´après leur disparition et n´ont pas besoin d´etre commentées ultérieurement.

 

Or, pour beaucoup d´experts et de chercheurs, Saigo Tanomo était un administrateur aux hautes responsabilités au service des Matsudaira (Daimyo de Aizu) un profil bien peu compatible avec celui d´un authentique maitre en arts martiaux. Il est effectivement probable que Saigo Tanomo n´ait pas été un expert en arts martiaux et qu´il n´ait été qu´un "simple haut fonctionnaire" mais il n´est pas interdit de penser qu´un Maitre dans l´entourage même de Saigo ait pu enseigner en son nom. Dans tous les cas, même si la nature véritable des relations entre les 3 hommes restera probablement à jamais un mystère, il est difficile de nier que, deux authentiques génies des arts martiaux japonais aux caractéristiques techniques proches, ont eu le même mentor à des périodes bien précises de leur vie.

 

Dans Tomei na Chikara, Sagawa Yukiyoshi révèle l´anecdote suivante:

 

Takeda Sensei séjournait chez nous alors que j´étais âgé de 15 ans (probablement aux alentours de 1917 ndt). A cette époque, un homme originaire de la ville de naissance de Takeda Sensei, Itabashi Rinzo vint lui rendre visite et, alors que nous étions  tous les trois seulement, Sensei projeta Itabashi de différentes façons en utilisant le Taichi ai aiki nage (projection en utilisant l´aiki avec les deux mains depuis la station debout). Itabashi remarqua:" c´est différent de l´ancien style de Ju-jutsu que vous pratiquiez auparavant", ce à quoi Sensei répondit qu´il (ce Ju-jutsu ndt) l´avait appris auprès de Hoshina san.  (nom adopté par Saigo Tanomo après la chute du clan ndt). [...] Quand il (Sokaku ndt) eut atteint la trentaine ou la quarantaine, il commenca à enseigner l´Aiki après avoir en avoir reçu l´enseignement  de la part de Hoshina Chikanori.

 

[...] Takeda Sensei mentionna une fois que seules deux personnes, lui même inclus, avaient étudié avec Hoshina san et que l´autre personne était déjà décédée. Cette personne pourrait être Saigo Shigo (qui était en fait le fils adoptif de Hoshina) [...] On prétend que l´Aiki aurait été transmis à Takeda Sensei par Hoshina/Saigo Sensei bien que je crois que, en réalité, c´est Takeda Sensei qui l´a créé.

 

Comme nous pouvons le constater, la filiation entre Saigo Tanomo, Saigo Shiro et Takeda Sokaku est loin de faire l´unanimité même au sein de la communauté du Daito-ryu. Or, il existe une description assez précise sur la technique de Saigo lors de ses années au Kodokan. Elle nous est révélée par Arima Sumihito, l´un des tous premiers Judoka de l´histoire, auteur du premier livre sur le Judo et partenaire d´entrainement de Saigo.

 

"Son expertise était telle qu´à peine l´adversaire posait la main sur lui, il (l´adversaire ndt) semblait perdre tout contrôle sur son équilibre et sa force et il était projeté avec facilité. Expliquer comment il accomplissait ceci était très difficile même lorsque le voyait de nos propres yeux".

 

Le témoignage en question date de la première décennie du XXème siècle, probablement 1904 ou 1905 ce qui le rend d´autant plus précieux et plus troublant. Le lecteur attentif reconnaitra sans nul doute une description assez vraisemblable de l´Aiki tel qu´il a été popularisé par Takeda Sokaku, Ueshiba Morihei et Sagawa Yukiyoshi et ce bien avant qu´ils n´apparaissent dans le paysage martial de l´époque. Même si ce témoignage ne constitue pas une preuve absolue et irréfutable, il semble néanmoins fort probable que Saigo Shiro ait pu avoir accès à un enseignement supérieur par l´intermédiaire de son père adoptif. Il est, en revanche, impossible de se prononcer sur le degré d´expertise qu´il a pu atteindre.

 

Que Saigo ait été initié ou même pressenti pour faire perdurer la tradition martiale secrète du clan d´Aizu ne constitue pas le problème principal. Il s´agit même d´un problème d´importance secondaire surtout si on considère que son rôle factuel dans la sanctuarisation de l´insitution  Kodokan relève infiniment plus de la fiction que de la stricte vérité.

 

En consultant les notes personnelles laissées par Kano à la postérité, on constate que Saigo Shiro n´a jamais participé en tant que combattant au fameux tournoi de 1886 (parfois 1888 selon les sources) et que la tenue meme de ces rencontres est sujette à caution. La rivalité supposée entre Judo et Ju-jutsu a été très largement sur évaluée par les historiens, peut être induits en erreur par les écrits de Kano. Il ne fait également guère de doutes que la nouvelle rédigée par Tomita Tsuneo: Sugata Sanshiro, et, censée être une biographie fiable de la vie de Saigo est à l´origine de cette légende. La nouvelle sera adaptée à l´écran par un génie du cinéma mondial, Kurosawa Akira. Auijourd´hui encore, des pratiquants font souvent la confusion entre les noms Saigo Shiro et Sugata Sanshiro et la trame du film passe malheureusement pour être une version authentique et crédible de l´histoire.

 

 

Cette image relativement nouvelle de Saigo décevra certainement ceux qui pensaient qu´il  avait été une pièce maîtresse dans l'élaboration et l'ascension fulgurante du Kodokan au sein du paysage martial Nippon, or il conviendrait désormais de redimensionner sa figure légendaire tout comme il serait judicieux de le faire en ce qui concerne les résultats d'une rencontre dont l'authenticité est plus que douteuse.

 

Attendu que rien ne saurait être simple chez Saigo, les raisons de son départ précipité du Kodokan ont également fait l´objet de spéculations et de théories hasardeuses.  L´une d´elles avance le conflit moral insoluble qui aurait torturé Saigo. Refusant de trancher entre l´Oshikiuchi et le Judo, Saigo se serait enfuit pour se consacrer au journalisme et au Kyudo dont il deviendra expert et surtout pour éviter d'avoir à choisir.

 

Las, la vérité se révèle moins noble pour Saigo qui n´a jamais totalement réussit à dompter son irrascible caractère. Après une énième bagarre de rue ayant également impliqué les forces de l´ordre, Kano est contraint d´expulser Saigo du Kodokan pour manquement grâve au réglement intérieur. Kano avait suffisament dénoncé les experts de Ju-jutsu qui s´adonnaient à des pratiques violentes au détriment de la population pour tolérer ce genre de comportements chez ses élèves fussent ils l´élite de la jeune discipline. On imagine aisément que la décision n´a pas du être prise de gaieté de coeur par Kano mais qu' elle était tout à fait inévitable et probablement justifiée.

 

La vie de Saigo après ses années au Kodokan est mal documentée. Certains chercheurs pensent qu´il est devenu journaliste, d´autres qu´il a été espion pour le compte de sociétés secrètes cherchant à se défaire du joug occidental pesant sur l´Asie. Etant donné le caractère bouillant de Saigo et son dangereux penchant pour la bouteille, cette hypothèse est peu crédible. Il a, en revanche, très bien pu devenir homme de main ou garde du corps de certaines personnalités importantes au sein de ces mêmes sociétés. Il décède en 1922 à 56 ans.

 

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  Saigo Shiro (deuxième à partir de la droite) en compagnie (en qualité de garde du corps?) de Sun Yat Sen

 

 

Saigo est un mystère à plus d´un titre et beaucoup de gens se sont accaparés son nom et son supposé héritage technique et essaient toujours de le perpétuer longtemps après sa mort. Il est malaisé d´affirmer ou d´infirmer avec certitude si Saigo a continué à enseigner après 1891 et, si c'est le cas , de préciser la nature exacte de ce qu´il a enseigné et qui furent ses élèves.

 

Au final, l´image de Saigo demeure floue, enveloppée de mystères et de mythes. La légende a très vite pris le dessus sur la réalité et il est consternant de constater que nombres d´inexactitudes le concernant auraient pu (du) être corrigées si un travail de recherche plus rigoureux avait été effectué.

 

Pour autant, il est probable que nous ne connaitrons jamais la version définitive de l´histoire de la vie de ce pratiquant hors norme dont la légende a malheureusement pris le pas sur la réalité objective rendant ainsi quasiment vaine toute tentative de redimensionnement du personnage dans des proportions plus raisonnables.

 

 

 

 

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